Que cherche-t-on à mesurer ?la contribution du projet à un meilleur accès alimentaire : en quantité et diversifié
Quels sont les enjeux et les problématiques ?Dans nos sociétés européennes, l'accès physique à l'alimentation tend à ne plus être un enjeu. Le sentiment d’abondance de l’offre en milieu urbain domine, le gaspillage alimentaire occupe une place centrale à l’ordre du jour. Toutefois, les acteurs du terrain nous rappellent que des déserts alimentaires demeurent dans certaines zones périurbaines ou rurales et que dans certains quartiers, seule l'offre agro-industrielle est disponible. Il y a donc un enjeu autour de l’accès physique à des produits alimentaires, en général, et de qualité différenciée spécifiquement. Le projet aura un impact sur le système alimentaire de son territoire si : 1. Il améliore l’accès physique à un point de vente alimentaire, quel qu’il soit et quels que soient les produits vendus 2. Il améliore l’accès physique à un ou des points de vente où des produits de qualité – telle qu’elle est promue par le projet - sont disponibles. Par ailleurs : Un point de vente alimentaire peut couvrir une seule catégorie d’aliments (boulangerie) ou toutes les catégories, il peut aussi fournir quelques ménages ou tout un quartier voire l’ensemble du territoire concerné. Ces deux éléments : diversité des catégories d’aliments et quantité de familles dont les besoins sont couverts par les produits « issus » du projet vont également déterminer la disponibilité des produits.
Définition de l'indicateur
le rapprochement physique entre le mangeur et une source d’aliments de qualité.
Cet indicateur est composé de 3 sous-indicateurs :
Cette fiche traite des critères DIVERSITE et TAUX DE COUVERTURE
Mesure de l'indicateur
DIVERSITE : Nombre de catégories d’aliments proposées régulièrement (plus de 2 fois par saison) dans le point de vente
TAUX DE COUVERTURE : part de la population dont les besoins pour l’aliment concerné sont théoriquement couverts par les quantités disponibles dans le/les points de vente utilisés ou mis en place par le projet
Mode de collecte des données
DIVERSITÉ : depuis le bureau, l’équipe projet identifie facilement le nombre de catégories d’aliments concernées par le projet => score sur 9.
TAUX DE COUVERTURE : à partir des données de l’équipe projet, les volumes vendus sur une période donnée sont convertis ;
- soit directement en nombre de personnes dont les besoins pour le produit sont couverts sur la période donnée
- soit en portions. Ce nombre est divisé par le nombre de portions nécessaires (théorique et moyen) pour une personne. Le résultat obtenu est divisé par le nombre total de personnes vivant sur le territoire impacté par le projet. On obtient un nombre de personnes dont les besoins pour le produit donné sont couverts.
Les catégories d'aliments et les portions moyennes par personne et par jour
| CATÉGORIES D’ALIMENTS | Référence besoins par personne en gramme/jour (SU.VI.MAX) | Nbre de personnes | Nbre de personnes sur le territoire impacté par le projet | Taux de couverture des besoins de la population totale permise via le projet |
| 1. VIANDE ET CHARCUTERIE | Viande 45 g/j | |||
| 2. MATIÈRE GRASSE | 60 g/j | |||
| 3. POISSON ET COQUILLAGE | Poisson 40g/j | |||
| 4. VOLAILLE ET ŒUF | Œufs : 20 g/j Volaille : 40 g/j | |||
| 5. PRODUITS LAITIERS | Lait : 100 ml/j Yahourt : 90 g/j Fromage : 35 g/j | |||
6. FRUITS ET LÉGUMES | Pomme de terre: 50 g/j Légumes : 120g/j Fruits : 200g/j Champignon : 800gr/pers/an (ctifl 2010) | |||
| 7. FÉCULENTS (et légumineuses sèches) | Pain : 100 g/j Légumes secs : 10g/j | |||
| 8. PLATS MIXTES PRÉPARÉS | Selon type de plats | |||
| 9. BOISSONS hors eau | 20ml/j |
Données compilées par l’équipe projet
Conversion en score DIVERSITÉ | ÉCHELLE DE VALEUR | SCORE |
Nombre de catégories d'alimentssoutenus par le projet |
7 à 9 | 3 |
| 4 à 6 | 2 | |
| 2 à 3 | 1 | |
| 1 | 0 |
TAUX DE COUVERTURE | ÉCHELLE DE VALEUR | SCORE |
% de la population ciblée dont lesbesoins sont couverts (moyenne sur les types d'aliments) | > 10% | 3 |
| [5 à 10%[ | 2 | |
| [1 à 5%[ | 1 | |
| < 1% | 0 |
Référence : DIVERSITE : Nombreuses références possibles. Nous pouvons utiliser un découpage inspiré de F. Vieux; N. Darmon; D. Touazi and L.G. Soler, (2012), Greenhouse gas emissions of self-selected individual diets in France: Changing the diet structure or consuming less?, Ecological Economics, 75, (C), 91-101. pour les quantités : http://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/conso.pdf
Que cherche-t-on à mesurer ?la contribution du projet à l’accessibilité économique des produits alimentaires
Quels sont les enjeux et les problématiques ?L’accessibilité économique constitue l’un des attributs de l’alimentation durable. Le prix demeure un des premiers, sinon le premier critère de choix de produits par les consommateurs. Selon l’Anses, l’alimentation reste un marqueur des inégalités sociales : le niveau de vie et d’éducation sont positivement corrélés à des pratiques alimentaires durables. Une alimentation durable pour tous demeure donc un enjeu de taille. Mais le système agro-industriel ne semble pas pouvoir y répondre complètement. Les produits de qualité promus par les projets d’alimentation durable sont-ils abordables ? ou s’adressent-ils à une couche aisée de consommateurs ? Le modèle économique du projet permet-il de rendre accessible les produits, c’est-à-dire à un prix similaire ou inférieur à son équivalent dans les autres points de vente alimentaire du territoire ? Bref, le projet contribue-t-il à rendre accessible une alimentation de qualité à tous les portefeuilles ? Les prix issus de filières « durables » sont critiqués par leur niveau élevé « la bio c’est pour les riches », défendus pour la même raison « payer un prix juste aux producteurs ». L’indicateur permet d’objectiver ce prix par rapport à l’offre du territoire. Il peut être mis en lien avec les critères d’achat des consommateurs interrogés (critère C2).
Définition de l'indicateur
Différentiel de prix de vente entre les produits commercialisés dans le cadre du projet avec leur équivalent dans d'autres points de vente sur le territoire.
Cet indicateur n'est mesuré que si le projet promeut, vend, subventionne ou influence le prix d'un produit d'une manière ou d'une autre.
Mesure de l'indicateur Ratio moyens entre les prix des produits « du projet » et les prix des produits équivalents disponibles sur le territoire. Les prix des produits "du projet" sont comparés aux prix les moins élevés des produits "équivalents", certifiés bio et non certifiés.
Mode de collecte des données Les prix sont relevés à la même période (même semaine ou mois)dans différents points de vente alimentaire. • Dans le ou les points de vente/de repas mis en place ou accompagnés par le projet, on relève le prix des trois produits (maximum) les plus vendus. Les 3 produits représentent les 3 catégories suivantes : 1. fruits et légumes 2. céréales et/ou légumineuses 3. viande- poissons-œuf regroupé avec les produits laitiers (si les produits sont promus dans le cadre du projet ! donc 3 prix maximum). S’il existe plusieurs prix pour le même produit, on relève le moins élevé. On identifie 4 points de vente alimentaires (maximum) représentatifs des 4 types suivants (si le type existe bien entendu): 1. Supermarché/hypermarché 2. Commerce d’alimentation générale/Supérette 3. Magasin spécialisé de produits biologiques 4. Super/hypermarché discount. La localisation des 4 points de vente est choisie en cohérence avec les points de vente du projet. : • Dans les autres points de vente, On relève le prix du produit "équivalent" à deux niveaux de qualité : 1) le moins cher 2) le moins cher de la gamme certifiée agriculture biologique La notion d’« équivalent » peut poser question. Nous entendons par là un produit de même nature. Nous distinguons les produits certifiés issus de l’agriculture biologique des autres, le label étant un signe officiel de qualité assez clivant sociétalement. In fine, 6 prix maximum sont relevés dans chaque type de magasin. Si tous les types de magasins existent sur le territoire et si les trois catégories de produits sont vendues / promues par le projet, il y aura au maximum 3 produits * 2 prix * 4 magasins = 24 prix relevés en plus des 3 prix projet.
OUTILS DE COLLECTEObservation directe dans les points de vente alimentaires
Conversion en score Ratio / Produit le moins cher | Ratio / Produit AB le moins cher | Score |
<= 1,2 | < 1 | 3 |
| <= 2 | <= 1,5 | 2 |
| > 2 et <=3 | peu importe | 1 |
| > 3 | peu importe | 0 |
Référence : Résultats obtenus par les projets pilotes Syalinnov
Que cherche-t-on à mesurer ?la contribution du projet aux connaissance des citoyens sur le système alimentaire
Quels sont les enjeux et les problématiques ?
Les consommateurs, citoyens, acteurs des systèmes alimentaires sont aujourd’hui plus distants de leur alimentation : elle est produite, transformée, transportée loin de leurs yeux si bien qu’ils ne savent ni comment ni par qui, ni combien d’intermédiaires sont impliqués. Les informations destinées à les éclairer ajoutent souvent à la confusion par leur nombre et leur manque de lisibilité. L’anxiété qui en résulte s’ajoute à la méfiance provoquée par les récents scandales sanitaires (abattoirs, lasagne de cheval, etc)
Définition de l'indicateur
Le niveau de connaissance des citoyens est évalué par :
Le nombre de réponses correctes obtenues par les citoyens interrogées sur l’alimentation. Les questions concernent :
1. L’appréciation du répondant sur l’amélioration de ses connaissances alimentaires en général
2. La rencontre de nouveaux agriculteurs du territoire permise par le projet et sur sa capacité à en nommer
3. Des connaissances générales sur l’alimentation « durable » acquises grâce au projet (directement ou indirectement)
Mesure de l'indicateur Pourcentage de répondants ayant répondu correctement, **grâce au projet**, à plus de X questions
Mode de collecte des données Les questions sont présentées dans un questionnaire en ligne – qui sert par ailleurs à récolter des données concernant d’autres indicateurs. Le nombre de questions est identique, quelque soit le projet. Certaines questions sont communes à tous les projets. D’autres questions sont adaptées ou adaptables aux spécificités de chaque projet tout en interrogeant le même type de connaissance (citer 3 agriculteurs du territoire par exemple) Pour chaque réponse correcte ou en partie correcte (connaissance acquise grâce au projet) 1 point ou 0,5 point est attribué. La note finale attribuée à un individu est la somme des points obtenus.
OUTILS DE COLLECTEQuestionnaire à diffuser en ligne et/ou en présentiel, selon ce qui est le plus adapté au territoire Lien vers le questionnaire
Conversion en score INDICATEUR | ECHELLE DE VALEUR | SCORE |
% de répondant | >=50% | 3 |
ayant obtenu | >=20% | 2 |
une note supérieure à Y / X | >= 10% | 1 |
| < 10% | 0 |
Référence : Résultats obtenus par les projets pilotes SyAlinnov.